1-Mécanismes de l'adrénaline dans l'organisme

A. La synthèse de l'adrénaline

Le cerveau détecte une source de stress, il va alors envoyer un signal à l'hypothalamus, le centre de nos émotions, situé à la base de notre cerveau. L'hypothalamus, lui, va envoyer un message nerveux aux glandes médullosurrénales, situées au-dessus des reins.

 

 

 

 

 

 

 Schéma du lien entre l'effet d'un stress et la production d'adrénaline

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La synthèse de l'adrénaline s'effectue à partir de la phénylalanine. Grâce à l'enzyme phénylalanine hydroxylase, qui catalyse la fixation d'un groupement OH sur une molécule, la phénylalanine (photo 1) va devenir tyrosine (photo 2), qui grâce à l'enzyme tyrosine hydroxylase, qui catalyse la fixation d'un groupement OH sur une molécule, va pouvoir devenir la DOPA (photo 3). La DOPA va être à son tour transformée en dopamine (photo 4), grâce à l'enzyme Dopa décarboxylase qui catalyse la décarboxylation (perte d'un groupement CO2. La dopamine va ensuite devenir la noradrénaline (photo 5), grâce à l'enzyme dopamine hydroxylase qui catalyse la fixation d'un groupement OH, et la noradrénaline va enfin être transformée en adrénaline (photo 6), grâce à l'enzyme N-méthyl transférase qui catalyse la fixation d'un groupement méthyl CH3.

 

 

 

 

 Photo 1 : Phénylalanine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Photo 2 : Tyrosine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Photo 3 : DOPA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo 4 : Dopamine 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Photo 5 : Noradrénaline

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Photo 6 : Adrénaline

 

 

 

 

 

B. La sécrétion de l'adrénaline

L'adrénaline est majoritairement sécrétée par le système nerveux central (elle agit alors comme neuromédiateur). Elle est également sécrétée par les glandes surrénales (adrénaline libre).

Les catécholamines sont mises en réserve dans des vésicules. L'adrénaline constitue 80 à 90% des catécholamines. L'autre consistant est la dopamine b hydroxylase. La libération de l'adrénaline par la médullo-surrénale est stimulée par la libération d'acétylcholine des fibres préganglionnaires du système sympathique. Il y a exocytose du contenu granulaire ou libération de l'adrénaline contenue dans les granules.

La production normale d'adrénaline dans l'organisme ou adrénalinémie physiologique basale est de 2 à 3mg/jour. Cette sécrétion est due à l'activité de la médullo-surrénale.

C. L'action de l'adrénaline

L'adrénaline produit son effet en se fixant sur les récepteurs adrénergiques des cellules cibles : son action en tant que neurotransmetteur est rapide et brève (voir schémas 1 et 2) alors que l'action résultante de la sécrétion hormonale est lente et durable (voir schéma 3).

 

 

 

 

 

 Schéma 1 : Synapse au repos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Schéma 2 : Fonctionnement synaptique de l'adrénaline (action rapide et brève)

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Schéma 3 : Communication hormonale de l'adrénaline (action lente et durable)

 

 

 

 

 

 

 

 

L'adrénaline agit sur des cellules cibles en se fixant sur deux types de récepteurs, alpha (α) et bêta (β), qui déclenchent une modification du métabolisme des cellules, celle-ci dépend fortement de la dose et de la répartition des récepteurs alpha et bêta sur les organes. Globalement, les récepteurs alpha sont en plus grand nombre que les récepteurs bêta, mais ces derniers ont une plus forte affinité pour l'adrénaline. A forte dose, l'adrénaline stimule à la fois les récepteurs alpha et bêta. Cependant, mis à part le cœur, les récepteurs alpha sont majoritaires sur les organes et leurs effets prédominent. Le cœur ne possède que des récepteurs béta et répond, quelle que soit la dose d'adrénaline, par une hausse de la force et de la fréquence des contractions.
L'adrénaline a une brève durée d'action (≈ 2 minutes) car elle est rapidement dégradée par deux enzymes la catéchol-oxyméthyltransférase (COMT) et la monoamine oxydase (MAO).

D. L'adrénaline synthétique

Fabriquée de manière synthétique depuis 1900, l'adrénaline en injection est le médicament de choix pour le traitement des arrêts cardio-circulatoires, essentiellement en cas d'asystolie (défaillance du muscle cardiaque sans troubles du rythme). Elle est également utilisée dans les chocs anaphylactiques (d'origine allergique), et en réanimation, lors de certains états de choc graves. Son maniement reste délicat, car un surdosage peut entraîner tachycardie et troubles du rythme cardiaque qui peuvent aggraver l'état du patient.
L'adrénaline est parfois injectée à faible dose en intra-articulaire lors d'examens arthrographiques en association avec un produit de contraste, son action permet un ralentissement de l'élimination du produit de contraste (notamment son absorption par les cartilages et la synoviale) et donc d'allonger la durée de l'examen.

 

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